Lolita est le journal intime d'un homme interné, prêt à être jugé. Il retrace les dernières années de sa vie, de sa passion pour les jeunes filles jusqu'à la consécration de celle-ci à la rencontre de Lolita. Ici Nabokov nous présente un personnage très particulier. Si le titre porte le nom de la jeune fille, elle n'en reste pas pour autant l'objet central. Le livre tourne autour de cet homme, possédé par ces désirs et ces fantasmes. Le talent de Nabokov réside dans la capacité à nous attacher à pareil homme, à le plaindre et à avoir de la compassion. Il nous inspire tellement de sentiments à son égard. D'abord, du dégoût. Il reste un être lubrique et malsain. Puis, de la pitié. Le lecteur réalise très vite qu'il est prisonnier, soumis et faible. Il faut aussi signaler que le personnage principale reste très cultivé. Il faut de plus avoir une culture assez large pour comprendre la plupart de ces références.
Je me suis attaché à ce personnage à la naissance de sa passion envers Lolita. Il ressent un amour très fort qui le poussera a faire diverses choses très proches de la folie. Nous sommes parfois obligés de nous reconnaître en lui, personnage prêt à tout pour conserver celle qu'il aime. Mais ce qui pose problème est bien le fait que celle qu'il aime n'a que douze ans.
Je conclurai par cette citation magnifique qui introduit le livre. Je trouve ce passage d'une beauté incroyable :
" Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. "