LXXXV - L'Horloge - Baudelaire

LXXXV - L'Horloge - Baudelaire


Horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit: "Souviens-toi!
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible;

Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.


Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote: Souviens-toi! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit: Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde!


Remember! Souviens-toi! prodigue! Esto memor!
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or!


Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup! c'est la loi.
Le jour décroît; la nuit augmente; souviens-toi!
Le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide.


Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le Repentir même (oh! la dernière auberge!),
Où tout te dira Meurs, vieux lâche! il est trop tard!
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# Posté le mercredi 19 décembre 2007 14:49

L'Ogre de Metz

L'Ogre de Metz
"Je suis un Ogre"

Je me réveille. Je n'ai aucune idée de l'heure. Une horreur du temps. Je me réjouis. Je me prépare pour la chasse. Je suis affamé. J'enfile ma veste, mes gants qui boudinent mes doigts. J'attrape mon sac. Mon gibier n'attend que moi.

"Si l'Ogre emporte votre enfant, vous ne le reverrez JAMAIS !"

Je n'ouvre pas les volets. Je ferme la porte. Je marche rapidement. Je ne parle à personne. Je suis un inconnu. Je dois me rendre à la boucherie. Je dois aller ramasser ma viande. Je dois me nourir. Personne ne me reconnaît, personne ne m'accuse. Je suis masqué. J'ai une vue très mauvaise, mais un odorat parfait. Et je vous sens tous, et je traque uniquement le meilleur.

"Il flairait à droite et à gauche, disant qu'il sentait la chair fraîche"

Je sens ces odeurs. Elles se mélangent toutes. Je ne sais que choisir, ni quoi dévorer... Je fouille, j'attrape, je touche. Je cherche la viande la plus tendre. J'en ai déjà tant dévoré. J'ai mangé Swann, Valmont, Humbert, Tiffauges. J'en mangerai bien d'autres. Bovary, Chabert, Hadrien. Ils vont tous finir sous ma dent. Un par un, à mon crochet. J'ouvre le crâne pour en extraire toute l'essence, leur substance. Ils sont en moi, ils deviennent moi. Je suis eux. Je suis l'Ogre.

Heute treff' ich einen Herrn,
Der hat mich zum Fressen gern.
Weiche Teile und auch harte,
Stehen auf der Speisekarte
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# Posté le samedi 15 décembre 2007 11:34

Modifié le dimanche 16 décembre 2007 12:47

Citation N°6

"On passe notre vie au subjonctif II"

Camille

Plutôt que d'imiter toutes ces gamines pleurnicheuses qui passent leur vie à croire qu'elles sont incomprises, dans leur monde imaginaire (les pauvres), elle dit tout en une simple phrase, épurée de toutes ces métaphores affligeantes et autres gémissements pathétiques. (Tu t'es reconnue ? Zut !...)

# Posté le mardi 11 décembre 2007 14:42

Subway (of life...)

Subway (of life...)
Je me sens obligé de me confesser. Camille, que nous nommerons Camille pour qu'elle puisse garder un minimum d'anonymat, m'a fait découvrir le SubWay. Pour tout individu normalement constitué, cela peut sembler plaisant, voire agréable. Mais pour tout les pyscopathes névrosés, cet endroit se révèle être la maison d'un démon ignoble qui torture mentalement sans répis ni honte.

Je fais parti de ces gens, qui part une malédiction inconnue, ne comprennent jamais une question du premier coup. Le Sub Way fonctionne sur un principe qui vous pousse à répondre à moins cinq questions en moins de deux minutes. C'est une horreur pour un détraqué comme moi qui ne comprend jamais rien à rien.

Un exemple tout simple :

- Vous avez pris poulet ?
- Oui oui..
- Et quoi d'autre avec ? (Sous-entendu, voulez-vous une boisson ?)
- Euh.. Et bien, j'ai pris du poulet, dans un petit pain, avec des cornichons, du fromage simple, de la salade et... (Là je me rends compte qu'elle tire une tête étrange et je réalise ma bêtise)... Euuh je veux dire Menu étudiant ! Héhé...

Et là, une voix maléfique vous dit "Tu as encore été ridicule, idiot, idiot, idiot !"

Evidemment, je ne suis pas qu'hors-sujet dans ce lieu maudit. Autre situation : je prends mon sac pour le poser contre le mur. Un homme s'approche car on occupe sa salle.

- Qu'est-ce que vous faites ? (Implicitement : Que fichez-vous ici ?)
- Ben.. je pose mon sac (Tout logiquement !)
- Non, que faites-vous là, dans cette salle ?
- Quoi ?...
- ... (Là il se résigne, voyant que je suis un abruti profond et demande à quelqu'un d'autre)

Répondre à une question non prévue est une angoisse horrible. Je suis terrifié face à ma capacité à répondre à côté. Il en arrive chaque jour. Alors, il est normal que je sois paniqué à chaque épreuve du feu lorsqu'il s'agit de commander mon sandwich.

Mais le SubWay, c'est aussi un poste d'observation. Camille (Qui garde l'anonymat) et moi-même avons une place à droite de la fenêtre, ce qui nous permet d'observer la rue et les gens qui y défilent. On peut se moquer des gens qui s'imaginent trop à la mode jusqu'à en être ridicule. (Cessez de vous prendre au sérieux, par pitié)

Prochainement, mes aventures au ATAC. (Ouais ouais)

# Posté le mercredi 05 décembre 2007 15:59

Entre chiens et chats

Entre chiens et chats
[Scène classique sur mon canapé]

Maxime - Dandy, viens mon chien ! Viens voir Papa ! Oh ! Non, Cléo, personne t'a demandé ! Dégage ! Non, ne me saute pas dessus, idiote ! Dandy, laisse la sinon elle va pas partir ! Cléo, t'es lourde, tu me fais mal ! Pousse toi ! Aaaah ! Non, Manu, ne crâche pas, ne me griffe pas. Cléo, Dandy, laissez ce chat tranquille ! Allez-vous en ! Dégagez, laissez moi tranquille ! Non, Cléo, tu mords pas ! J'ai dit non ! Aiiiie ! Cléo, s'il te plait... Maman, elle me fait mal !

Maman - C'est pas en lui disant "s'il te plait" qu'elle va s'arrêter".. CLEO ! DANDY ! Ca suffit maintenant !

Maxime - Ah... Non, ils reviennent !...

Je ne sais pas si vous pouvez imaginer combien un chien de deux kilos et une chienne de bientôt trente peuvent être inconscient lorsqu'ils jouent. Et moi, au milieu. Avec le chat, pas loin, qui se réveille et sort ses griffes. Ou moi à l'ordinateur et elle qui arrive pour enlever tout mes fils. Cette chienne me rend fou. Ce chien me rend folle. Ah, les animaux...

# Posté le dimanche 02 décembre 2007 16:30